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Cette réussite est évidemment due en grande partie à la qualité du produit délivré, puisque 20Syl l’inventif rappeur-producteur et leader naturel du groupe a su trouver une identité, un esprit « Hocus Pocus » par ses textes et ses influences musicales. Un premier mini-album nommé « Acoustic Hip-Hop Quintet » donnait déjà la couleur dès 2001, de par le nom mais aussi par la pertinence des sujets traités souvent avec humour. En 2005 Hocus Pocus signait son retour par le biais de leur label On-And-On, avec le très bon album « 73 Touches », objet d’une réédition pour Noël 2006 avec quelques remix et inédits en prime. C’est lors de la sortie de ce disque et de leur venue au Brise-Glace à Annecy que nous avons réalisé cette longue et intéressante interview de 20Syl… (NDLR : février 2007, soit avant la sortie de leur album « Place 54 »)
Par Whyninot ; photos : Iya

Depuis la dernière fois que vous êtes venus à Annecy (NDLR : octobre 2003), la formation musicale a été fortement modifiée, est-ce que ça a beaucoup changé pour vous musicalement ou avez-vous gardé la ligne de conduite de base ?
La ligne de conduite reste la même, si ce n’est que ça a évolué, ça a pris en maturité bien sûr avec l’arrivée de Hervé à la basse, Matthieu au piano, et David aussi le guitariste qui joue sur certaines dates avec nous ; ça a pas mal évolué aussi au niveau des morceaux car maintenant on joue les morceaux de l’album « 73 touches » alors qu’avant c’était juste les morceaux du 8 titres.
Suite à la sortie de cet album justement, avez-vous réussi à faire une vraie tournée ou vous ne faites que des dates ponctuelles ?
Malheureusement on n’est pas assez connus encore pour faire une vraie tournée de plusieurs dates enchaînées, donc pour l’instant on a fait pas mal de dates mais c’est resté des concerts pendant des WE, de temps à autre. On continue de toute façon à tourner sur cet album « 73 touches ». Par contre, on a fait beaucoup de dates en Angleterre avec C2C.
Le nom de cet album « 73 touches » est un hommage au Rhodes, pour quelle raison ?
Parce que sur scène c’est un peu notre instrument fétiche, moi c’est un gros kif que j’ai au niveau de la production, quasiment tous les morceaux classiques que je kiffe ont utilisé cet instrument, c’est vrai que c’est un gros clin d’œil à ça, et 73 touches c’est aussi la diversité que l’on a voulu mettre dans cet album, comme 73 touches de couleur.
Tu fais pas mal de production, comment gères-tu tes prods avec le travail que tu fais avec les musiciens ? J’ai cru comprendre que souvent tu composais une musique que tu faisais rejouer par les musiciens d’Hocus Pocus ?
Pour « 73 touches » ça s’est passé d’une manière un peu particulière puisqu’on était en transition au niveau de la formation, on était juste DJ Greem, Antoine à la batterie et moi, on a fait toute la base de la production à deux avec Greem, Antoine ne s’est pas trop investi dans la production, son truc c’est plus de jouer en live, et donc on a fait ça à deux, j’ai produit la plupart des beats, les bases, basse-clavier, en bidouillant, en samplant les accords et tout, lui cherchait plus les bases de samples, scratchs, etc, puis une fois qu’on avait cette base on a fait appel à des nouveaux musiciens ainsi que des musiciens qui ne sont pas sur scène avec nous mais qui ont participé à l’album, de la contrebasse au cuivre, ça a été vraiment large.
En fait, là ou tu dis que c’est un travail large, c’est que tu fais un gros travail de recherche de sample, ce que tu dis dans « Dig This » par exemple, et en même temps de puiser, trouver la note, l’accord qu’il faut avec les musiciens qui vous entourent ?
C’est ce qu’on fait et puis il y a une retranscription des samples qui peuvent être par exemple sur nos disques, sur nos maxis, qu’on essaie de retranscrire sur scène avec les zicos, alors il y a des fois on adapte carrément l’instru aux musiciens pou réussir à rejouer des samples qui ne sont pas forcément faciles à la base, quand il s’agit de boucles avec un grain particulier, on les rejoue de manière différente ; ce qu’on perd en grain on le regagne peut-être en groove ailleurs.

Ce qui est flagrant dans votre concert c’est la qualité du son ; comment travaillez-vous ce côté-là, notamment les sons de la MPC qui sortent bien correctement ? Souvent le son est crade en sortie avec une MPC…
On se prend la tête à la base à bien étalonner nos sons, que ce soit le DJ, la MPC ; j’enregistre toutes les séquences chez moi, on utilise l’ordi et la MPC ; pour ce qui est du son live, ça nous arrive aussi de faire des concerts où le son est tout pourri, mais là ce soir on avait du bon matos ; Christophe notre ingé son fait un très bon travail à ce niveau-là pour régler le truc. En général on essaie quand même de caler le truc le plus propre possible à l’avance.
Comment se fait-il qu’il y ait 2-3 morceaux que vous ayez joués sans les musiciens ?
Parce que « On-And-On » par exemple est un morceau que tu ne peux pas vraiment jouer avec des zicos, c’est un morceau qui est très influencé par la patte Gangstarr-Premier, c’est vrai que c’est difficile à rendre avec les zicos ; on le faisait avant, avec « On-And-On 1 » avec l’ancienne formation, mais l’instru on la changeait on la rendait beaucoup plus jazzy, moi j’avais envie qu’il y ait aussi l’impact des beats fats un peu crados en concert, donc on se fait un petit passage MC-DJ un peu à l’ancienne, avec des clins d’œil, des instrus un peu classiques pour nous, c’est aussi important d’avoir ce côté-là et ça reste un court passage dans le concert qui reste un clin d’œil plus qu’autre chose.
Dans le groupe tu es un peu touche-à-tout puisque tu es rappeur, DJ, producteur, designer, par contre est-ce que sur scène tu ne te sens pas un peu tout seul au micro ?
C’est vrai que des fois c’est un peu long de tenir 1h15 ou 1h30 tout seul sur scène, notamment avec des morceaux assez riches où on a peu de pauses : oui ça m’arrive de me sentir un peu seul ; David à la guitare me soutient beaucoup à la voix aussi, il rajoute un plus car en plus il chante super bien, c’est lui qui chante « J’attends » sur l’album, il a un grain de voix qui lui permet de me backer ; on s’en sort, mais c’est vrai que dans l’idéal on aimerait avoir des chœurs ou des backs qui ne soient là que pour ça, comme une section cuivre, comme pas mal de choses… Mais chaque chose en son temps…

Avez-vous travaillé cet album par rapport à la scène ?
Non pas du tout, on a essayé de faire un disque en poussant chaque morceau dans le moindre détail, en se prenant le tête sur le son et tout, et c’est vrai que quand on est arrivés en répète avec les zikos, alors que c’est des morceaux qui n’avaient jamais été joués, puisqu’ils avaient été programmés, on a trouvé l’album un peu mou, alors il a fallu réadapter chaque morceau et lui donner une dynamique plus importante. Comme « Géométrie » il est très funky sur la fin alors que c’est un morceau très tranquille sur l’album ; on essaie à chaque fois de trouver le truc qui donne de l’énergie aux morceaux même si sur l’album ça reste des morceaux très tranquilles.
Musicalement, ça reste un objectif de vouloir agrandir le groupe avec tout instrument qui vous intéresse, comme tu parlais d’une section cuivres, ou autres ?
C’est vrai qu’on fait en fonction des dates, des budgets, on ne veut pas faire venir les gens sans avoir les moyens de les payer, donc on préfère faire chaque chose en son temps, à chaque fois que le groupe prend en maturité et qu’il peut se vendre plus cher on se permet de rajouter un zikos c’est ce qu’on a fait dernièrement avec David à la guitare ; quand on a des grosses scènes comme les Vieilles Charrues en Bretagne, on invite un sax, une trompette et une flûte traversière, ça rajoute un peu de coffre, et quand on a joué à l’Elysée Montmartre il y avait les Procussions en featuring, il y avait des cuivres, la guitare, une choriste aussi ; c’est vraiment en fonction des concerts pour le moment, si un jour on arrive à se vendre bien et que les gens nous programment partout on essaiera de se faire plaisir et d’amener encore plus de monde sur scène, mais pour l’instant on essaie d’aller à l’essentiel et de faire avec les moyens qu’on a.

C’est hyper musical, les gens peuvent participer, ça m’étonne pas que vous alliez aussi au Japon…
C’est l’avantage de cette formation-là, par exemple on a joué une fois à Londres, en Allemagne, ça s’est super bien passé, même si les textes ont leur importance, il y a des morceaux qui sont un peu difficiles à l’étranger comme « Pascal » par exemple, les gens captent pas grand chose, même si il y a une ambiance musicale, ce morceau-là est plus axé sur le texte, le côté jazzy assez chaleureux et la présence des zikos ouvre pas mal de portes à l’étranger.
Comment ça se fait que dans votre album on entende des groupes comme Procussions, ou TY, qui n’ont pas encore une grande notoriété en France, en tout cas à l’époque où vous l’avez enregistré, et il n’y a pas de groupe français ?
TY on l’avait rencontré en Angleterre pendant les championnats DMC, avec C2C, on lui avait déjà filé les maxis, parlé des projets, puis on l’a rencontré à un concert pas loin de chez nous donc il est venu dans la foulée, enregistrer au studio, ça a été fait en une soirée, et en fait les Procussions faisaient la première partie ce soir-là, on ne connaissait pas, on les a rencontré, c’était à La Roche-sur-Yon, dans un petit café-concert de 150 personnes, donc on a pris une bonne claque, les Procussions je les ai vus aussi à Cholet à côté de chez moi, y avait 5 pelos dans la salle, j’ai pris une claque monstrueuse… Donc pour en revenir à cette soirée ça s’est fait vite fait ils sont venus à l’arrache chez moi, on a enregistré vite fait, ils sont ensuite venus freestyler à l’émission de Greem sur Nantes, c’était un super bon contact, on s’est rendus compte que c’était un peu nos homologues ricains, ils ont une structure un peu équivalente à On-And-On, ils tournent un peu de la même façon, c’est une super rencontre.

Où as-tu trouvé le temps d’apprendre à programmer, faire des scratchs, rapper, y a-t-il une période dans ta vie où tu ne dormais que 2h par nuit ?
Dans les périodes de fin d’album, quand faut rendre les pochettes, finaliser les morceaux pour les masterings etc, c’est vrai que c’est un peu chaud, sinon, on arrive à lier le tout…
En fait les gars qui produisent et qui posent des scratchs sur leurs productions y en n’a pas 15.000, on peut parler de Premier, Pete Rock…
En même temps c’est mes modèles, donc on essaie de faire un peu pareil, et puis c’est aussi mon kif, quand j’ai découvert le Hip-Hop j’ai vu le scratch j’ai voulu en faire, j’ai entendu des prods j’ai voulu en faire, j’ai entendu des mecs rapper j’ai voulu écrire des textes… Maintenant que je côtoie des zikos j’ai envie de jouer des instruments, je suis comme un gosse, quand je vois quelqu’un faire quelque chose et que ça assure, j’ai trop envie de m’en imprégner et de réussir à intégrer ça dans mes productions. J’étais batteur à la base, 93-94, on était plus dans un délire fusion, Rage against the machine, je faisais beaucoup de skate, à Nantes ; le milieu du skate qui est beaucoup lié à la musique était à l’époque pas mal rock-hardcore, et c’est passé au Hip-Hop avec les premiers Wu-Tang, Gravediggaz, après j’ai découvert toute la branche un peu plus jazzy, A Tribe Called Quest, Gangstarr et tout ça, c’est venu progressivement, j’ai commencé à bidouiller avec des machines.
L’album « 73 touches » a été l’objet d’une réédition, dans quel but et comment ça s’est déroulé ?
C’est vrai que ce disque on l’a taffé à fond en indépendant, avec Yann du label On-And-On, on est vraiment allé au bout de ce qu’on pouvait faire en indépendant et à un moment donné certaines portes sont restées fermées, notamment des gros médias ; quand t’es indépendant c’est dommage. On avait donc envie de pousser cet album un peu plus loin, qu’il ne reste pas si confidentiel et « underground » comme il l’était jusqu’ici, même si on a vendu autour de 10.000 exemplaires, ce qui est vachement bien pour un produit indépendant. On pense qu’il y a moyen d’aller encore plus loin, ça a été l’occasion de faire le test avec ULM qui nous a suivi sur ce projet, de plus ils nous suivent sur les prochains albums, ce qui est un bon test pour voir comment on peut travailler avec eux. Et direct on a eu des plans qui se sont présentés à nous, on a fait deux émissions de France Inter, deux lives, des choses qu’on n’aurait pas réussi à faire juste en indé comme ça ; là on travaille pour essayer de faire quelques télés, chose qu’on n’a encore jamais pu faire pour l’instant, c’est dommage. On va essayer de rentrer le clip sur des télés aussi, voilà c’est des choses qui avec un label Major sont beaucoup plus faciles ; pour nous ça change pas grand’chose au niveau de la production, pour le prochain album on travaille exactement dans les mêmes conditions dans lesquelles on avait fait « 73 touches » ; pour la promotion on leur laisse faire ce taff-là et eux ont beaucoup plus de moyens, c’est plus facile.
Ce qui vous permet aussi d’être diffusés aujourd’hui sur Radio Ellebore, ce qui n’est pas rien…
(rires) C’est vrai qu’on a eu un tas de radios indépendantes comme vous qui nous ont supportés qui ont diffusé nos morceaux et ça a été notre plus gros soutien dans toute la France ; toutes les radios même les radios étudiantes associatives… Il nous manquait juste ce déclic d’une télé, d’une radio nationale pour aller plus loin, même si on a eu Nova, mais Nova reste très ponctuel et ça n’est pas dans toutes les villes, et Génération n’est que sur Paris. On espère pouvoir aller plus loin dans ce sens-là avec la Major.
Par rapport à cette Major justement, est-ce vous qui avez fait la démarche d’aller la voir ou est-ce elle qui est venue vous chercher ?
A l’époque de « 73 touches » on a voulu faire une licence avec une Major, donc Yann a démarché avant de le sortir, et on n’a rien trouvé, personne ne voulait de notre projet ; ils disaient « Oui c’est vachement bien, mais à qui on va vendre ça, c’est quoi votre public ? ». Ils ne s’y retrouvaient ni dans le Hip-Hop hardcore qui marche plus ou moins bien en ce moment, ni dans un côté ultra-formaté limite variété, on était un peu entre les deux finalement, donc ils ne savaient pas à qui vendre ce disque, même s’ils trouvaient ça sympa ça ne les a pas intéressés, et il a fallu qu’on fasse nos preuves en indépendant, donc qu’on fasse énormément de concerts, qu’on vende nos disques comme on a pu le faire, qu’on fasse des radios ; et remplir des salles comme « L’Elysée Montmartre », tout de suite ça a fait un déclic aux maisons de disques, et c’est vrai que c’est là qu’elles se sont manifestées, donc elles sont revenues vers nous alors qu’elles nous avaient fermé la porte au nez une première fois.
Revenons sur le contenu de cette réédition, qu’est-ce qu’on y trouve ? Des remix, des clips ?
Il n’y a qu’un seul clip, ; celui de « Hip-Hop », il y a aussi 7 titres en plus, notamment des anciens morceaux qu’on avait sortis en maxis uniquement en vinyles par le passé, que j’ai d’ailleurs réenregistré pour donner une cohérence avec le reste de l’album parce que vu que les maxis étaient un peu anciens je ne rappais pas exactement pareil à l’époque. J’ai reposé « Dig This », « On-And-On », j’ai refait une nouvelle version de « Malade » en changeant quelques parties du texte et en changeant l’instru ; et puis il y a des morceaux inédits comme « Du sable sous les paupières » avec Kohndo, le morceau « You » avec jay des Procussions, qui est un morceau très jazzy ; ça fait 7 titres en plus, donc ça fait presque un nouvel album, même si les gens qui nous suivent depuis le début connaissaient déjà la plupart s’ils les avaient déjà en maxis.

Une question par rapport à ce qui est une des bases du Hip-Hop, le vinyle, en tant que DJ vous êtes aussi fans de la production sur vinyles, par contre pour ULM ce n’est peut-être pas aussi un objectif ?
Nous on aimerait garder le vinyle chez On-And-On, faire toutes les sorties vinyles chez On-And-On parce que c’est notre truc, Yann sait le travailler, il a tous les contacts de shops, on a un bon réseau à force de travailler cette matière-là. Maintenant si ULM décide de sortir en vinyle à notre place, ils en ont entre guillemets l’exclusivité ; s’ils le sortent pas nous on peut le sortir, c’est juste que s’ils décident de le faire… Les picture-discs c’est eux qui les ont fait mais c’est plus un coup promotionnel et nous ça nous amuse aussi de faire des picture-discs parce qu’on a tous collectionné et avoir un skeud comme ça un peu particulier c’est toujours bien. Mais nous on a envie de faire du vinyle comme le double de « 73 touches », si on pouvait faire la même chose pour le prochain album et pouvoir le faire nous-mêmes ce serait cool. Je pense qu’ils n’ont pas forcément un réseau aussi pointu comme on peut l’avoir nous.
En gros la réédition ne sort pas en vinyle ?
La réédition ne sort pas sur vinyle en entier, on n’a pas encore décidé de le faire chez On-And-On pour l’instant, je ne sais pas si on le fera, peut-être qu’on le gardera pour le prochain album, par contre les maxis, donc tous les inédits en gros, sortent bien sur vinyle chez ULM, et il y en aura chez justlikehip-hop.com, chez tous les bons disquaires. Pour les gens qui ont déjà « 73 touches » en vinyle et qui ne veulent que du vinyle ils peuvent avoir le reste de la réédition, par le biais de ces maxis.
Comment se fait-il que ce soit Arthur King qui ait fait le clip du morceau « Hip-Hop » ?
J’ai vu le documentaire « Just 4 kicks » à l’époque où il a été balancé sur Canal, j’ai bloqué sur le montage qu’il a fait sur « My adidas » de Run-DMC, du coup j’ai appelé Yann, je lui ai dit « faut qu’on trouve le contact du gars qui a fait ça, je veux la même chose sur le clip d’ « Hip-Hop » ! Il se trouve que c’était un DJ qui connaissait déjà nos skeuds, qui avait déjà nos skeuds, et ça s’est fait simplement, on lui a donné le morceau et il s’est amusé avec… Quand tu laisses les gens travailler de leur propre chef et s’exprimer de leur manière à eux… Si on lui avait demandé de faire un clip en vidéo ça aurait peut-être donné un clip foireux, mais là on l’ a vraiment laissé libre dans son propre domaine, c’est-à-dire jeux d’image, typo, couleurs, et voilà ça donne un truc qui est mortel et j’en suis super content.
Vous avez du faire les prises de vue, les photos, etc.. Comment ça s’est passé ?
Lui nous a dit de quoi il avait besoin, nous on avait déjà fait des images quand les Procussions étaient là à Nantes, on s’est dit « au cas où on fait un clip on va prendre des images », donc on a bossé avec une télé locale qui s’appelle « Nantset », on a accroché un fond bleu un peu miteux dans notre local de répé, et on a filmé chacun son tour notre couplet pour avoir les images, et c’est ça les images qu’on voit dans le clip, et Arthur a galéré avec parce qu’elles étaient super dégueulasses, il a fallu qu’il les retraite, qu’il pousse le contraste, c’est pour ça que les images filmées ne sont pas de la meilleure qualité ; après il nous a dit qu’il aimerait bien une série de photos avec plein de panoplies de vêtements différents pour tripper avec, du coup on a fait appel à Stéphanie Solinas, qui fait des portraits, qui est photographe-artiste, et Bertrand Trichet, qui bosse plus dans le skate ; du coup on a fait une après-midi de session photos où on a pris plein de fringues différentes, Arthur a ramené ses vieilles sapes des années 90, son jogging, sa banane, sa casquette Lacoste… Chacun a ramené ses fringues un peu ridicules et on a fait ça, et ça nous a bien servi pour le clip…
Passons au projet suivant, le futur disque d’Hocus Pocus que vous êtes en train de préparer, que peux-tu nous dire sur l’avancée de travaux ?
On est en studio là, on jongle un peu entre les quelques concerts qui nous restent et le studio ; on essaie d’explorer des rythmiques un peu différentes de ce qu’on a pu faire sur « 73 touches », qui était un album très Hip-Hop avec des beats réguliers, là on a envie d’explorer autre chose, des choses où les rythmiques ne sont pas aussi présentes, mais où on joue plus sur le côté textes, chansons, émotions dans les mélodies et dans les instruments qui sont apportés, il y a même une collaboration qui se prépare avec Tribeca un groupe Nantais de Jazz-world, je leur laisse une composition qu’ils vont travailler, et qu’on va enregistrer ensemble, sur lequel je pose un texte ; on va essayer d’enrichir encore par rapport à « 73 touches » d’un point de vue musical, mélodique, et moi au niveau lyrical je vais essayer d’être moins « Hip-Hop », c’est-à-dire tous les mots un peu confidentiel, tout le vocabulaire, que ce soit le verlan ou toutes les références qu’on peut avoir spécifiquement au Hip-Hop je vais essayer de lâcher un peu tout ça pour essayer de parler à tout le monde, tout en gardant ce flow, ces rimes, cette construction, mais en essayant d’avoir une vraie écriture de chanson française.
écoutez le jingle antenne d'Hocus Pocus