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Adepte de Wax Tailor depuis son projet Breathing Under Water, nous profitons de la sortie de son troisième album pour s’attarder un peu sur cet artiste devenu incontournable.
Puis viendra Tales of The Forgotten Melodies en 2005, son premier album qui révèlera son style si spécifique et son approche orchestrale de la production. Les mélodies mélancoliques et lancinantes sont déjà sa marque de fabrique, teintée de toutes ses influences que sont le jazz, la soul, le funk ou le hip-hop old school. Sont déjà présentes Charlotte Savary au chant, Marina Quaisse au violoncelle et les mc’s de The Others qui le suivent encore aujourd’hui.
En 2007, Hope & Sorrow sera reconnu comme un des disques majeurs de l’année, gravant l’empreinte Wax Tailor et lui permettant de vraiment s’imposer, en studio comme sur scène, puisqu’il se lance alors dans une tournée mondiale de plus de 200 dates entre 2007 et 2008, accompagné entre autres de ses acolytes Charlotte Savary et Marina Quaisse. Leur live électronique, musical et visuel, sera pour eux l’occasion de côtoyer de grands noms comme RJD2, Dj Krush, The Herbaliser, Le Peuple De L’Herbe ou Coldcut. L’assemblage sonore de cet album transporte l'auditeur dans un univers presque palpable, un univers souvent mélancolique et hypnotique, mais à la fois apaisant et doux, aux mélodies jazzy, soul, hip-hop ou abstract et aux interludes tirées de vieilles B.O. Les invités du 1er album sont toujours présents, mais les rejoignent cette fois quelques artistes confirmés comme Sharon Jones et Ursula Rucker, ou en devenir comme Voice et les mc’s anglais de A State Of Mind, qui signent d’ailleurs l’incontestable hit Positively Inclined.
Tout cela nous mène à la rentrée 2009 et l’accouchement de son 3ième album sur le label Atmosphériques. On ne l’attendait pas forcement de si tôt car 3 albums en 5 ans révèlent une certaine productivité qui n’est pas toujours gage de qualité. C’est donc à peine digérer Hope & Sorrow que In the Mood for Life débarque, avec son titre inspiré du film In The Mood For Love du réalisateur hongkongais Wong Kar-Wai, un film qui se déroule dans les années 60, une époque qui correspond peut-être à l’esprit que veut insuffler Wax Tailor dans cet album.
Annoncer par le maxi du très bon Say Yes pendant l’été 2009, l’album s’annonçait finalement plutôt de haute envergure. Et Wax Tailor comme quelqu’un qui ne prend pas son public à la légère, puisque Say Yes n’est pas sorti sous un format classique, mais d’abord en CD-VIinyle collector, un concept de format original qui témoigne de l’attachement de Wax Tailor au vinyle. Puis en format 45 tours, plus classique, mais proposant également un remix signé DJ Format.
Cet album confirme indéniablement le talent de producteur et « metteur en son » de Wax Tailor, qui devient de plus en plus pro. Les ingrédients de son groove sont toujours là : violoncelle, nappes de violons, flûte, cuivres et scratches mélodieux sur des instruments ou des échantillons de voix. Le tout accompagné ça et là du chant ou du rap de ses collaboratrices et collaborateurs attitrés, ainsi que de quelques nouvelles venues, et pas des moindres. Charlotte Savary apparaît à 4 reprises pour des titres toujours feutrés et downtempo, tout comme Sara Genn sur Dry Your Eyes ou Voice et Ali Harter sur This Train. Côté rap, que de très bons titres, avec les suédois de Speech Defect pour le funky et orchestral B-Boy On Wax, Mattic qui représente The Others sur Until Heaven Stops The Rain, superbe titre hip-hop avec ses samples de violons et ses cuivres bien graves, et bien sûr Say Yes, excellent morceau jazzy à l’ambiance oppressante, assemblage sonore en support de deux très bons mc’s anglais, les militants et complémentaires A State Of Mind. Nous retrouvons aussi ces morceaux où Wax Tailor se charge de la partie vocale en samplant et scratchant divers échantillons de voix, tels No Pity avec ses voix soul faisant penser à RJD2, ou Sit Listen, sur lequel Wax Tailor scratche diverses séquences vocales pour reconstituer « a musical story ». Dionne Charles (du groupe Baby Charles) fait partie de ses nouveaux collaborateurs, et assure sur Leave It, un titre soul à l’ancienne. Quant à la présence surprenante de Charlie Winston sur I Own You, on peut se demander si elle est due à une réelle entente, ou simplement à une collaboration opportuniste due au fait qu’ils sont tous les deux signés chez Atmosphériques. Pour finir, les interludes mettant en musique des extraits de film ou échantillons de voix diverses viennent comme d’habitude baliser tout le long de l’album.