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L'Antichambre - Site de l'émission l'Antichambre sur Radio Ellebore et Radio Canut, émission live, hip-hop culture et mix sessions

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Black Grass

Il commence par s’échapper des rayons de vinyles et s’installe derrière les platines où il mixe hip-hop et break funky. Dj grimpant, il ouvrira pour des pointures telles que OC, Jurassic 5 ou feu Big L. Il confirmera alors ses talents de sélecteur en compilant des albums de breakbeats et en sortant ses « battle weapons », ce qui le mènera à créer son propre shop.

Après avoir sorti ses premiers singles sous le nom de The Mexican sur le label Catskills, son shop « Black Grass » se transforme en laboratoire de production, pour lui permettre d’accoucher de son premier album éponyme, qui sortira lui aussi sur Catskills Records. Un album sur lequel il produit pour des talents inconnus aussi bien que renommés (Black Twang, Maylay Sparks, …). On y trouve des morceaux instrumentaux qui vont du disco-funk aux tendances electro à des ambiances plus calmes, plus trip-hop. Côté rap, on navigue du hardcore au rap mélodique ou mélancolique accompagné de chant et de scratches, en faisant escale par le hip-hop dans la plus pure tradition old school. Et bien sûr, une pointe de ska-dub chère à bon nombre de producteurs anglais.

En parallèle à sa carrière de DJ il enregistrera son deuxième album A Hundred Days In One, sur lequel son style est toujours aussi éclectique. On y trouve des titres instrumentaux et funky, à coup de break claquants, de basses puissantes et de mélodies diverses. Le reggae est toujours là, avec son compère Jah Marnyah au micro. Le hip-hop occupe une place importante, notamment avec Blu Rum 13, l’acolyte de DJ Vadim au sein de One Self, ou toujours avec Maylay Sparks. Enfin, on y trouve encore des morceaux trip-hop planants, et on frôle même parfois la pop.

Son dernier album Three est sorti en 2008 et la diversité musicale y est encore plus frappante. Nous noterons l’apparition de la funk à l’ancienne, plus organique, pour trois titres en compagnie de Dionne Charles (du groupe Baby Charles), dont le très réussi How Much Can You Take, un des meilleurs titres de l’album. Le hip-hop old school est toujours à l’honneur, par deux fois, mais on retiendra surtout la prestation de J-Live sur Set It Straigth, un titre efficace avec sa mélodie de guitare. Black Grass signe également avec un MC peu connu, Koaste, l’entraînant Splash The Cash sur un air samba hip-hop comme savent les faire les latinos new-yorkais. La vibe jamaïcaine est elle aussi toujours présente avec l’entraînant titre ska-dub Bass Man en featuring avec le toasteur Benjammin et le titre plus reggae Stormy Weathers qui chasse les nuages avec Jah Marnyah. Enfin Quetzalcoatl Returns est un superbe break instrumental mêlant grosse ligne de basse et mélodies orientales, tandis que Bless, featuring Ruben Da Silva, tire lui de son côté sur une ambiance plus latine, bien que le chanteur soit plus habitué au reggae roots (d’ailleurs sa prestation lyricale aurait pu être plus riche puisqu’il se contente de répéter en boucle le même refrain, dommage …).

Ce rapide retour sur la carrière de ce personnage trop peu connu vous aura donné envie nous l’espérons de le découvrir d’un peu plus près. Il s’agit en tout cas d’un dj et producteur qui mérite l’attention et qui s’améliore au gré des sorties, ce qui est tout à son honneur si l’on considère tous ces artistes qui bataillent infatigablement pour ne jamais réussir à reproduire les niveaux atteints à l’occasion de leurs premiers albums.

Ecoutez Black Grass ft J-Live - Set It Straight :


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