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L'Antichambre - Site de l'émission l'Antichambre sur Radio Ellebore et Radio Canut, émission live, hip-hop culture et mix sessions

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C2C, le coup de crosse


Avec Birdy Nam Nam, c’est donc toute une scène de DJ qui semble se réveiller en France, et qui prouve qu’un DJ ne fait pas seulement des scratchs ou mixer des disques, mais est capable de recréer de la musique à partir de ses instruments : ses tourne-disques.
On attend toujours le premier album de ces 4 talentueux DJ, qui devrait être musicalement très original et varié, si l’on en juge les premiers essais entendus sur les albums « 73 Touches » et « Place 54 », et devrait en ravir pus d’un. C’est lors de leur passage à Annecy avec Hocus Pocus en février 2007 qu’on a pu obtenir quelques renseignements intéressants…

 

Un quatrième titre de champion du monde gagné à l’automne dernier, quelle est la recette ?

La recette est toujours la même, c’est vrai qu’on a axé sur le côté musical, le contact avec le public, et là on a même endormi tous le monde avec une espèce d’intro où on a fait tous nos shows des années précédentes, du coup c’était assez efficace au niveau du public car les gens connaissaient déjà, et nous ça nous a permis de faire un petit rappel de tout, et comme on pense que ce sera notre dernière année de battle, c’était un bon moyen de terminer en beauté entre guillemets ; et puis il y avait deux nouveaux plans, un plan où on a joué sur l’émotion, et un plan plus énergique où on est allé chercher le public, et ça a bien marché.

Notre première battle c’était les Total Sessions à Grenoble où on a fini deuxièmes, ça nous a motivé pour faire les DMC en 2001 où on avait terminé derrière les Skratch Aktion Hiros qui sont devenus les Birdy Nam Nam maintenant, on avait la gnaque, on avait trop envie de réussir, on avait les capacités de chacun, moi mes capacités de production, de musique, les capacités de Pfel techniquement, de Greem et Atom qui sont à la fois techniques et musical, on a réussi à lier puisqu’on on est plus potes à la base que rencontre de DJ, on se connaît très bien, donc pour bosser ça va très vite, on s’est créé au fil des années toute une méthode de travail qui est très efficace avec la création de nos disques, les répétitions où on se filme et tout, c’était Bootcamp un  peu à chaque fois… Je pense que c’est super difficile de monter une équipe et d’être régulier comme ça à chaque fois, nous on  a réussi à instaurer  un système où on était sérieux dans le travail et je pense que c’est ça qui a payé.


Est-ce que le fait de gagner le DMC ça vous a boosté un peu ?

Ça va doucement, ce n’est qu’à partir de la troisième victoire qu’on a senti un réveil, grâce à eux aussi car ils nous ont fait tourner sur toute la tournée DMC, on est allé au Japon, Taïwan grâce à ça, donc c’est cool ça permet de voyager pas mal… J’espère que ça continuera ; mais c’est vrai qu’on a été déçus à ce niveau-là, on se disait champion du monde c’est la teuf et en fait il a fallu ramer un peu, je pense que les battles ont perdu un peu de leur importance, et puis il y a peut-être moins de niveau qu’à une certaine époque, la grande époque c’est quand il y avait Craze, A-Trak et tout ça, quand on est arrivés on a eu l’impression que le niveau était plus faible, donc les gens étaient peut-être saoulés aussi.


Apparemment vous en avez assez de faire des battles, vous vous concentrez à autre chose maintenant ?

C’est vrai qu’après 4 années de participations en championnat du monde on a fait un peu le tour, on n’a plus grand’chose à prouver sous ce format-là (6 minutes) ; ça nous restreint de se limiter à ce format-là car en 6 minutes on ne peut faire qu’un morceau, on aimerait en faire plusieurs, ce qui devrait déboucher sur un album où on pourra exposer pleinement nos envies de composer. Je pense que ce sera l’évolution logique et naturelle du groupe.

 

       

Justement, vous m’en parliez déjà l’an passé, où en êtes-vous sur ce projet d’album ? De quelle manière le préparez-vous et quelle différence avec les battles ?

On a en effet déjà commencé à travailler chacun de notre côté, mais c’est vrai qu’à côté on a pas mal de projets, notamment 20syl et Greem avec Hocus Pocus et le nouvel album ; avec C2C il faut qu’on arrive à prendre le temps de bien travailler là-dessus, et surtout il y a un autre facteur à prendre en compte, c’est que Greem, le seul qui n’est pas là ce soir, a quelques problèmes d’oreille pour le moment, donc on a un peu suspendu, c’est un peu en stand-by pour l’instant.


Il faut s’attendre à des routines comme « Mack the Knife Tribute » ou plutôt des routines comme en championnat du monde ?

C’est un peu un mélange entre tout ça, on va essayer de développer une couleur différente par morceau, il y aura tout le temps cet esprit musical qu’on retrouve en général dans C2C, des morceaux qui évoluent beaucoup, contrairement à BNN par exemple qui bosse beaucoup sur un aspect « transe », avec quelque chose et des éléments qui se rajoutent à chaque fois ; nous on va essayer de développer quelque chose avec des breaks, un peu comme on fait avec Hocus Pocus, beaucoup de construction dans les morceaux, et puis une couleur assez organique dans les choix d’instruments, même si je pense qu’il y aura une touche d’électro car chacun a ses influences dans C2C et on essaie de les développer aussi au sein de morceaux. On pense aussi à l’intervention de featurings, que ce soit des musiciens des chanteurs, des MC’s,… On a envie d’aller chercher du monde pour cet album, pas juste faire un album à base de vinyls.

 

Par rapport à Birdy Nam Nam, le succès qu’ils ont eu en 2006 vous met-il la pression, est-ce que vous vous dites qu’il faut mettre la barre plus haut, y a-t-il une comparaison ?

Je pense qu’ils ont ouvert les portes pour nous en France pour ce qui est de la scène, des concerts, etc… Maintenant, ce qui est compliqué pour nous c’est qu’on arrive un peu avec la même formation, c’est-à-dire 4 DJ sur 4 platines et forcément l’amalgame est fait, les gens nous identifient un peu à eux et on a un peu peur que les gens pensent qu’on fait juste de la copie de BNN, alors qu’on essaie de développer un délire qui est bien différent de ce qu’ils font, il va falloir qu’on affirme notre identité, ça va être tout un taf avec cet album.


Ce soir vous n’êtes que 2, que proposez-vous par rapport à d’habitude où vous êtes 4 ?

On propose un set à 2 (Pfel + Atom) dans lequel il y a toutes les routines solo qu’on peut faire, des plans qu’on fait à 2, comme « Mack the knife », on a aussi adapté quelques plans qu’on faisait à 4 et que maintenant on fait à 2, parce que concrètement, quoiqu’il arrive, ça fait longtemps qu’on fait des dates à 2, parce que quand Greem et 20Syl étaient pris pour Hocus Pocus dans un coin de la France, et qu’il y avait une date C2C ailleurs, on a pris l’habitude d’adapter et de faire notre truc à 2 ; et puis avec Pfel on amène aussi ce côté mix, dansant, toujours avec le côté technique, scratch, parce qu’on mixe beaucoup en club aussi.


Justement, vous jouez quoi en club ?

A la base on mixe du Hip-Hop, gangstarr, Tribe Called Quest, etc.. Mais il s’avère qu’aujourd’hui dans un club les gens ne vont pas trop bouger si tu leur mixes ça, il faut leur amener des choses plus percutantes ; ce qui se fait aujourd’hui c’est pas trop notre délire donc on part sur d’autres directions, vers du rock, de l’électro, des choses qui nous parlent plus que du 50Cent, par exemple, qui n’est pas vraiment notre son. On aime bien les trucs old school quoiqu’il arrive, et puis ça dépend aussi du public… Je dirais que c’est des bases de Hip-Hop et on y ajoute un mix de rock par-dessus, c’est un gros mix, ce n’est pas seulement rejouer des morceaux, ça enchaîne vraiment très speed, c’est limite des compositions rappées.

 

 

Par rapport à tous les samples qu’on entend dans C2C et Hocus Pocus, des trompettes, des saxos ; vous recherchez des sons purs dans des vieux vinyls, ou alors vous demandez à des gens de votre entourage de les jouer ? C’est de la recherche de sample ou de la composition par des musiciens ?

C’est un peu les deux, on recherche dans tous nos vinyls qu’on a pu avoir au fil du temps, des fois on n’arrive pas à trouver certaines notes ou certaines mélodies dans notre banque de sons, alors du coup on les fait rejouer par des gens ; c’est arrivé notamment quand on a fait la reprise de Beastie Boys, on voulait faire cette reprise mais version rock donc avec une guitare saturée, donc on a fait venir Damien un pote à nous qui joue dans un groupe de métal à Nantes ; et comme on bosse avec Vinyl Grabber qui grave les vinyls à l’unité on peut se permettre tout ce qu’on veut.


A Nantes, et dans le Nord en général, vous avez vraiment placé la barre haute au niveau turntablism, ça a bien explosé, alors qu’on regardait surtout sur Paris, comment ça se fait ?

C’est vrai qu’à Paris ils sont toujours pionniers, nous on s’est fait une bonne motiv, c’est vrai qu’à Rouen y a des gars comme Kod, je pense qu’il y a des bons DJ’s un peu partout en France, à Avignon il y avait aussi des gars qui déchiraient, donc y en a un peu partout. Je sais qu’à Nantes il y a eu une grosse émulsion qui s’est créée autour du shop Oneness avec DJ Pharoahe, qui est vraiment pionnier dans le funk, soul à Nantes, c’est un mec qui a influencé toute la scène Nantaise, qui faisait des soirées régulières, on pouvait écouter des nouveautés, découvrir des nouveaux DJ, car à chaque fois il invitait des mecs, donc ça motive…

 

écoutez le jingle antenne de C2C


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